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La main tendue du Maroc à l'Algérie |
Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Taib Fassi Fihri, a affirmé, en date du 16 juin 2009, lors de son intervention dans l'émission « Likaa al Youm », diffusée par la chaîne arabe « Al Jazeera », que le Maroc est préparé à développer des relations bilatérales tous azimuts avec l'Algérie en vue de parvenir à résoudre définitivement et équitablement la question du Sahara, sur une base de réalisme et de compromis, sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies (ONU). A ce sujet, le Projet Marocain d'Autonomie imprime un nouvel élan au règlement du différend saharien, ankylosé depuis l'abandon du tendancieux plan Baker II. Il constitue l'assise idoine pour une interprétation consensuelle, évolutive et stabilisatrice du droit à l'autodétermination, dans le cadre de la légalité internationale et en stricte conformité aux standards notoirement reconnus en la matière. Ainsi, l'Etat, doté de ses compétences régaliennes, conférerait à une autorité locale de larges prérogatives dans des domaines variés en affectant les revenus de l'exploitation des ressources naturelles situées dans la région du Sahara au développement de celle-ci. Pourtant, une difficulté subsiste. L'autonomie n'est tout de même pas un épisode facile à entreprendre en raison de l'absence d'expériences similaires antérieures dans la région. Mais le Maroc, désireux de transcender l'impasse dans laquelle se débat la région depuis plus de trente ans, s'y tiendrait vertement. De surcroît, le Maroc est disposé à examiner avec l'Algérie toutes les questions en suspens, spécialement le trafic de drogue qui ne peut être affronté que suivant une approche globale dont la réouverture des frontières serait la première séquence. Toutefois, il est déplorable que le gouvernement algérien ait posé dernièrement des conditions pour la normalisation de ses relations avec le Maroc, en se défendant de faire le lien entre l'issue de la question du Sahara et l'essor de la coopération bilatérale. La fermeture des frontières a été décidée unilatéralement, en 1994, par l'Algérie après que le Maroc eut imposé la délivrance de visas aux Algériens, suite à l'attentat terroriste perpétré contre l'hôtel Atlas-Asni, à Marrakech, par deux Algériens de France. Le contexte international, régional et bilatéral est certes dépassé, mais il semble que les décideurs algériens errent toujours dans des nostalgies de guerre froide et conditionnent la réouverture des frontières par une jonction, combien partiale, des intérêts de « tous les peuples du Maghreb » dans une allusion crapuleuse à la revendication sécessionniste prônée par le Polisario, faisant ainsi fi des aspirations intégrationnistes sincères des véritables peuples du Maghreb. Fait singulier sur la scène internationale contemporaine et tragédie perpétuelle pour le devenir géostratégique de la région du Maghreb, la fermeture de la frontière entre deux pays frères va à l'encontre des attentes de leurs partenaires et des exigences régionales de paix et de développement. Loin du paysage obscur que dessine la posture algérienne, le Maroc a jeté son dévolu sur le bon voisinage. Il a pris en 2004 et 2005 de nombreuses initiatives visant à favoriser la normalisation des relations bilatérales et la relance effective de la construction maghrébine. En particulier, il avait décidé la levée de la procédure des visas à l'endroit des ressortissants algériens dix années après son instauration et s'était félicité de la réciprocité appliquée par les autorités algériennes tout en regrettant que depuis lors, la frontière soit restée, quant à elle, fermée. Autant, le Royaume du Maroc réitère sa volonté d'ouvrir une page nouvelle dans ses relations avec l'Algérie, tenant compte du passé commun et du destin partagé. Autant, les autorités de ce pays empruntent une voie contraire à l'ambition de leur propre peuple, avide d'un Maghreb prospère et y court incessamment. Quand allait-on saisir l'offre de l'histoire pour réguler la demande du futur ? A bon entendeur, salut !
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