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Ils battent les tambours de la guerre !

Dans un entretien récent accordé à l'agence de presse espagnole EFE, « le chef du gouvernement  sahraoui », Abdelkader Taleb Omar, a affirmé que « la direction du Front Polisario est très gênée par cette situation d'enlisement dans laquelle se trouve le conflit sahraoui ». En cas d'échec du cinquième round de négociations avec le Maroc, sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies (ONU), M. Taleb Omar a souligné que le Front Polisario « n'aura d'autres alternatives que la reprise des armes ».

Dans ce contexte, M. Taleb Omar a rappelé les travaux du douzième congrès du Front Polisario, tenu à Tifariti du 14 au 18 décembre 2007, durant lesquels de nombreux délégués ont exprimé leur déception à l'égard  de la médiation conduite par les Nations Unies « qui ne sont pas parvenues à organiser le référendum d'autodétermination du peuple sahraoui pour lequel elles s'étaient engagées à tenir en 1992 ». Il a relevé que le douzième congrès du Front Polisario avait donné mandat à la direction « sahraouie » d'établir une évaluation objective des négociations sous l'égide de l'ONU dans un délai maximum de trois ans. Ainsi, M. Taleb Omar a averti qu' « une année et demie sont passées déjà ». Si des avancées se réalisent, le Polisario privilégiera la voie pacifique, mais s'il parvient à la conclusion que les choses n'avancent pas, « il devrait passer à la phase des préparatifs militaires afin de reprendre les armes car, il est prêt à tout sauf à la reddition ou l'acceptation du fait accompli du Maroc ».

A ce titre, M. Taleb Omar a expliqué  que la direction du Front Polisario a de plus en plus de problèmes pour contenir la population sahraouie désireuse d'opter pour la guerre. Elle fait face à une pression de « plus en plus grande » de la part du « peuple sahraoui », et particulièrement des jeunes qui « ne supportent plus l'enlisement de la situation et exigent le retour à la guerre, pour laquelle ils sont préparés ». 

A cet égard, M. Taleb Omar a fait observer que « le Maroc a travaillé beaucoup sur le facteur temps en pensant que les sahraouis allaient se décourager, que le Front Polisario allait se décomposer, mais il n'a récolté, au contraire, que des positions plus radicales et plus dures que celles attendues ».

Par ailleurs, M. Taleb Omar a fustigé la position de la France qui, selon ses dires, a empêché la création d'un mécanisme de surveillance des droits de l'Homme dans les « territoires sahraouis occupés », lors de l'adoption, en date du 30 avril 2009, de la résolution 1871 du Conseil de sécurité. Il a, de surcroît, estimé « très préoccupant » qu'un pays qui se dit défenseur de la liberté et des droits de l'Homme ne condamne pas « la répression et les  crimes du Maroc au Sahara occidental ». Au final, M. Taleb Omar a conclu que ce mécanisme aurait représenté une avancée pour établir la confiance en prévision du cinquième round de négociations, dont la date reste encore à déterminer.

Alors que les appuis au Polisario s'effritent, sa thèse séparatiste perd de plus en plus de terrain et son brio va decrescendo, ses responsables ne cessent de véhiculer des flambées langagières doublées d'emprunts belliqueux dans l'intention de camoufler les fissurations internes et de mettre la pression au Maroc à la veille du tant attendu cinquième round de négociations politiques directes. Cette mouvance scissionniste au sein du Polisario vient démontrer une acceptation du plan d'autonomie proposé par le Maroc et atteste, si besoin était, de la tendance conquérante innée auprès d'une junte militaire, dont la vocation première et ultime était l'appropriation d'un territoire qui ne lui appartient pas.

Le discours du Polisario revêt alors une illégalité certaine (I). Il repose sur une interprétation stéréotypée des principes du Jus Cogens (II) et se tient concomitamment aux violations des droits de l'Homme les plus élémentaires, perpétrées dans les Camps de Tindouf (III).

I.   La reprise des armes par le Front Polisario : Réalité et enjeux

La littérature du Polisario nous a accoutumé à ce que le spectre de la menace soit brandi chaque fois que des circonstances particulières l'exigent. Ainsi, la tentation de reprise des armes se voit exprimée en boucle par des sécessionnistes aux profils peu connus et à l'influence des moindres. Toutefois, dans la bouche d'un supposé « chef du gouvernement », en l'occurrence M. Abdelkader Taleb Omar, cette formule acquit une nouvelle tournure et mérite un diagnostic à maints titres.

D'emblée, pour explicite qu'elle soit, la menace relatée aujourd'hui va à l'antipode de la législation internationale. En clair, elle transgresse l'esprit de tout l'ordonnancement juridique prescrit en faveur de l'instauration de la paix et de la sécurité internationales. Déjà, le pacte de la Société des Nations (SDN), adopté le 28 avril 1919, entreprend, dans son article 12, une démobilisation des belligérants et consacre une procédure draconienne allant de « la procédure de l'arbitrage » à l'organisation d'un moratoire de trois mois, afin d'empêcher, autant que faire se peut, une guerre de se déclencher. La Charte des Nations Unies, adoptée à l'issue de la Conférence de San Francisco en date du 26 juin 1945, va au terme de cette logique et stipule en vertu de l'article 2§4 que « Les Membres de l'Organisation [des Nations Unies] s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace et à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ».

Remarquant par ailleurs que l'option de retour à la « lutte armée » instaurée par le douzième congrès du Front Polisario, qui a mandaté la direction du Polisario pour en décider, nous estimons utile de remémorer les circonstances de tenue du congrès en question. Primo, nous relevons le caractère illégal de la décision du Polisario de tenir son soi-disant congrès à Tifariti. En effet, depuis 1991, date d'entrée en vigueur du cessez-le-feu au Sahara, la localité de Tifariti, évacuée par le Maroc par souci de coopération avec les Nations Unies, aurait dû être démilitarisée. Secundo, on pourrait s'interroger sur les risques inhérents à une telle violation des accords du cessez-le-feu sur la stabilité de la région du Maghreb. Cet acte de provocation traduit au fait l'errance stratégique des dirigeants du Polisario et leur penchant ininterrompu vers la confrontation. Au-delà de sa consistance illicite, la symbolique de l'acte reproché est fort signifiante. La recherche de la confrontation est soufflée par l'Algérie au préjudice de la stabilité dans la région du Maghreb. Elle présuppose en effet un terrain conflictuel. Celui du Sahara semble donc le mieux indiqué pour mettre en œuvre des visées structurellement hégémoniques.

Cette posture algérienne doit son assise à des soubassements d'ordre historique, incluant les réminiscences propres à la guerre froide. Mais sur le fond, le mode opératoire est pratiquement identique. Le professeur Aymeric Chauprade rejoignait cette thèse et soutenait, dans une conférence animée le 11 décembre 2007 à l'Université de Genève, qu' « hier, l'Algérie était l'instrument régional de l'antagonisme entre les deux blocs. Aujourd'hui, et eu égard aux nouvelles équations géopolitiques marquées notamment par l'effondrement du bloc communiste, elle est le tuteur d'un vecteur d'instabilité dépourvu de tout attribut étatique ».

Pis encore, M. Chauprade estimait que la mutation en cours au sein du Polisario serait en train de faire basculer vers l'islamisme radical et le terrorisme. Ces propos sont venus corroborer les informations relatées par la presse internationale au sujet des démantèlements quasi systématiques des structures terroristes en gestation au Sahel et des implications avérées des membres du Polisario dans les mouvements de trafic de drogue et les réseaux de traite humaine.  

En Octobre 2008, Le Centre européen pour le renseignement stratégique et la sécurité (European Strategic Intelligence and Security Center - ESISC) a rendu public un rapport intitulé « Front Polisario : Une force de déstabilisation régionale toujours active ».  Le dispositif dudit rapport communique expressément que lorsque le Groupe Salafiste pour la prédication et le Combat (GSPC) a été officiellement rattaché à l'organisation d'Oussama Ben Laden en devenant « Al-Qaïda aux Pays du Maghreb Islamique » (AQMI), en janvier 2007, l'Afrique du Nord s'est érigée en un principal fief de la mouvance Al-Qaïda. Ainsi, « le développement de l'idéologie salafiste dans la région, symbolisée par l'AQMI, et l'usure de plus de trente années d'une lutte vaine ont facilité le rapprochement de la frange la plus jeune du Polisario vers des mouvances radicales ».

Au vu de ce qui précède, la question de l'islamisation du Front Polisario revient avec récurrence quand on identifie les enjeux en présence. Une entité transnationale comme Al-Qaïda a tout naturellement besoin de relais locaux  et aurait tout intérêt à s'appuyer sur les éléments actifs du Polisario. Ce dernier pourrait également profiter de l'appui financier d'un renouveau idéologique apporté par l'islamisme radical lui permettant de remobiliser une base lassée par trente-six années de promesses non tenues. 

Un autre risque lié à la perte de vitesse et à la faillite idéologique du Polisario est la reconversion d'une part importante  de ses effectifs vers le banditisme et le crime organisé transfrontalier. L'extrême pauvreté qui règne dans les camps du Front, due pour l'essentiel au détournement des aides humanitaires (Cf. III), doublée du recul de l'adhésion populaire à ce mouvement, ont engendré sa propension à recourir aux trafics de tout genre, allant des armes et de l'essence, réputés courants, jusqu'à la traire humaine, combien atroce.

II.    « L'autodétermination du peuple sahraoui » : contours d'une thèse fallacieuse

De tout temps, le Polisario argumente ses revendications séparatistes en énonçant le principe de décolonisation consacré par la Résolution 1514 XV de l'Assemblée générale des Nations Unies, intitulée « Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux », adoptée en date du 14 décembre 1960. Cette résolution était vouée à la réalisation d'une indépendance politique au profit des peuples colonisés.

Or, le concept de « peuple » est sujet à controverse. Il n'a pas véritablement de sens unique, mais des usages variables selon l'époque, le lieu et le locuteur dont il est question. Au surplus, faudrait-il remettre en cause les décolonisations au motif que l'autodétermination n'aura pas été effective ? Peut-on permettre à une entité infra étatique de revendiquer, au lendemain de l'indépendance, le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes car, suivant  sa prétention, l'indépendance était tronquée ? C'est dire que de nombreuses incompréhensions entourent la pratique d'autodétermination, appelée de leurs vœux par les dirigeants du Polisario.   

La Résolution 1514 (XV) de l'Assemblée Générale des Nations Unies prévoit, simultanément à la reconnaissance  du principe d'autodétermination, notamment, que « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies ».

En  dépit de la littérature pléthorique sur le droit à l'autodétermination, la doctrine préfère se focaliser sur les bénéficiaires de ce droit et s'imprègne du paradigme qui a prévalu depuis la seconde guerre mondiale assimilant ainsi le droit à l'autodétermination au droit à l'indépendance. Cette perception confond le droit à l'autodétermination avec le nationalisme désintégrateur pour lequel les nations potentielles doivent avoir leurs propres Etats. Laquelle confusion était compréhensible dans un contexte historique où la Communauté internationale était mobilisée en faveur de l'indépendance des pays coloniaux. Elle ne se justifie plus aujourd'hui car, sauf quelques rares exceptions, il n'y a pratiquement plus de peuples à libérer du joug colonial. Bien plus, combien de peuples dits indépendants de par le monde ont ils jamais exercé le principe du droit des peuples à disposer d'eux mêmes ? Le fin mot de l'affaire tient au triomphe des principes démocratiques, à la libre gestion et administration des affaires locales et régionales par les populations concernées.

En effet, un des défis auxquels est confrontée la Communauté internationale serait de permettre aux peuples de jouir de la dignité et de la liberté dans leurs propres pays. Il est dès lors possible d'affirmer que le droit à l'autodétermination est le droit qu'a chaque peuple déjà constitué en Etat de disposer d'un pouvoir effectif lui permettant de s'autogouverner à travers la détermination libre, originelle et authentique de ses normes  de conduite notamment, politique, économique et sociale.  

Le Projet Marocain d'Autonomie, présenté le 11 Avril 2007 au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, s'insère en parfaite symbiose avec les exigences sus mentionnées. Il démontre la volonté concrète, sérieuse et viable du Maroc pour un règlement définitif, juste et durable de l'ensemble des problèmes de la région, conformément à la légalité et aux standards internationaux les plus évolués.

Cette proposition, qui dessine de façon assez détaillée les institutions et les prérogatives dont disposerait le gouvernement de cette région autonome ainsi que la relation que celle-ci entretiendrait avec le gouvernement national du Maroc, bénéficie d'un large soutien de la part de la communauté internationale. En effet, celle-ci a eu le courage et la lucidité de reconnaître que l'indépendance du Sahara n'est pas une solution viable. En attestent amplement les appuis inconditionnés apportés au Projet Marocain d'Autonomie par les membres influents de l'Organisation des Nations Unies, singulièrement au sein du Conseil de sécurité.

III.      Les droits de l'Homme dans les camps de Tindouf : Le malheur d'un concept bafoué

Entendre M. Taleb Omar citer « la répression et les crimes du Maroc au Sahara occidental » illustre le rang cardinal qu'occupent le mensonge et la supercherie dans la campagne diffamatoire menée par un Polisario fantoche, pour des fins calomnieuses malhonnêtes. En outre, de telles allégations, odieuses par essence, cherchent à camoufler les désastres quotidiens et les pratiques inhumaines d'extrême sauvagerie supportées, au vu et au su de tout le monde,  par les séquestrés des camps de Tindouf.

En premier lieu, le Front Polisario est régulièrement accusé de détournement des aides humanitaires, financières et matérielles, attribuées par des Organisations Non Gouvernementales ainsi que par des Organisations internationales. En mars 1999, le quotidien espagnol El Pais révélait qu'une aide de 64 millions de pesetas (environ 385 000 euros) remise par la Croix rouge espagnole au Polisario avait disparu.

En second lieu, le Front Polisario a un bilan des plus médiocres dans le domaine du respect des droits humains. A ce titre, le traitement infligé par le Polisario à ses prisonniers va à l'encontre de l'ensemble des standards établis par les Conventions internationales. Dans son rapport sur « Les droits humains au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés à Tindouf », présenté en date du 19 décembre 2008, l'Organisation Non Gouvernementale américaine Human Rights Watch souligne que « les droits des résidents des camps de Tindouf restent vulnérables en raison de l'isolement des camps, du manque de contrôle régulier des droits humains sur le terrain et du manque de surveillance par le pays hôte qu'est l'Algérie pour garantir les droits humains des Sahraouis qui vivent dans les camps administrés par le Polisario sur le territoire algérien ».

Le Polisario procède de surcroît à des recrutements illégaux au sein d'une tranche d'âge spécifique, l'enfance en l'occurrence. Les enfants séquestrés dans les camps de Tindouf  subissent des opérations d'enrôlement et un embrigadement systématique dans les milices armées du Polisario. Ces actes se déroulent quant à eux en violation de la convention internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 1989.

mercredi 27 mai 2009

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