Droits de l'Homme

Manifestation de solidarité avec les détenus marocains de Tindouf

Ils étaient des milliers à avoir fait le déplacement à Rabat pour participer à la marche de solidarité avec les détenus marocains à Tindouf. Cette manifestation, organisée par le collectif Watanouna ( Notre patrie ), a réuni le 6 mars, les composantes politiques et de la société civile du Maroc qui ont appelé dimanche la communauté internationale à agir pour mettre fin au calvaire enduré par les Marocains séquestrés dans ce qu'on appelle « les camps de la honte ».

A l'initiative du collectif Watanouna (Notre patrie), qui regroupe plusieurs associations de la société civile, plusieurs milliers de personnes de tous âges, ont manifesté dans les rues de Rabat, sous le thème «Tous pour la libération des détenus marocains séquestrés à Tindouf ».

Il s'agit de la première manifestation du genre pour exiger la libération des 408 soldats marocains encore détenus par les rebelles du Polisario dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest algérien et ce, depuis plusieurs années. Capturés entre 1975 et 1991 lors de la guerre entre le Maroc, qui a récupéré ses provinces du Sud, et les séparatistes du Polisario, ces soldats marocains sont considérés comme les plus vieux prisonniers de guerre au monde par le Comité International de la Croix Rouge (CICR), qui dénonce par ailleurs régulièrement « l'état de délabrement physique et psychologique » de ces détenus, incarcérés en violation du droit humanitaire international et de la Convention de Genève.

Partie en milieu de matinée de la Place de la Poste, la marche a sillonné les grandes artères de la capitale pour se disperser dans le calme au niveau de l'Avenue de la Victoire. Le dispositif impressionnant des forces de l'ordre et de la Protection civile qui a été déployé pour l'occasion, n'a intervenu que rarement pour évacuer quelques personnes, surtout des femmes, qui avaient perdu connaissance. Arborant des drapeaux marocains ainsi que des portraits du Roi Mohammed VI et brandissant des banderoles rédigées en arabe, en français et en espagnol où l'on pouvait lire notamment « l'Algérie se mêle de ce qui ne la regarde pas, le Sahara est marocain »ou bien « Regarde et témoigne, ô monde, il y a des séquestrés à Tindouf », les manifestants ont défilé dans le calme.

Cette manifestation a été activement soutenue par le pouvoir marocain et les principaux partis politiques et c'est ainsi que la totalité des partis politiques marocains a pris part à cette manifestation grandiose qui prouve encore une fois l'attachement de tous les marocains à l'intégrité territoriale de leur pays. Mohamed El Yazghi, Premier secrétaire de l'Union Nationale des Forces Populaires (USFP) et ministre de l'Aménagement du territoire, Abbas El Fassi Secrétaire général du Parti de L'Istiqlal et ministre d'état, Saâd Eddine Othmani, Secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement, islamiste (PJD), ainsi que plusieurs chefs de partis, défilaient en tête du cortège.

Ont également pris part à cette marche les différents syndicats organisations des droits de l'Homme, les associations de la société civile, le Conseil National des anciens résistants et membres de l'Armée de Libération, les associations des barreaux du Maroc ainsi que la communauté juive du Maroc qui était largement représentée.

Au nombre des manifestants, figuraient d'anciens détenus des camps de Tindouf qui ont évoqué les pratiques inhumaines de la part de leurs tortionnaires, réaffirmant que leur libération ne saurait être complète sans que leurs compatriotes ne recouvrent leur liberté. Etaient également présents les membres des familles des détenus qui, tout en pleurs, ont lancé un appel émouvant à la communauté internationale afin qu'elle intervienne pour mettre un terme au calvaire de leurs proches, incarcérés par le Polisario.

Cette marche est également organisée en solidarité avec des dizaines de milliers de Sahraouis qui vivent dans des conditions précaires dans la région de Tindouf, en territoire algérien. Les autorités marocaines, qui les considèrent officiellement comme des compatriotes séquestrés par le Polisario, estiment leur nombre à 65 000 alors que les séparatistes du Polisario évaluent à 165 000 cette population de réfugiés afin de bénéficier de l'importante aide internationale. D'anciens responsables du Polisario, qui ont réintégré la mère-patrie, suite à l'appel de Feu Hassan II « La Patrie est clémente », ont à plusieurs reprises dénoncé les détournements de cette aide par les actuels dirigeants de la république fantômatique.

Parallèlement à cette manifestation, une campagne de signatures a été lancée il y a quelques jours à travers tout le Royaume. Le collectif « Watanouna » envisage de faire signer un million de cartes postales, appelant à la libération des prisonniers pour les adresser au Secrétaire général de L'ONU, Kofi Annan qui a lui-même déjà appelé à la libération « totale et sans délai » des prisonniers marocains. Le Conseil de Sécurité qui avait parrainé l'accord de cessez-le feu en 1991, travaille actuellement à une solution pour trouver une issue à ce conflit qui paralyse depuis plusieurs années l'intégration régionale et la construction du Grand Maghreb.

SOUTIEN MASSIF DE TOUTES LES COMPOSANTES MAROCAINES

La manifestation de Rabat vise à « atteindre tous les organismes internationaux afin de faire entendre notre voix, en tant que Marocains aimant ce pays, jaloux pour leur patrie et désirant la liberté de tous les Marocains séquestrés à Tindouf» a déclaré au quotidien Le Matin, la comédienne Naïma Lemcherki, présidente du collectif « Watanouna ». Elle a souligné que cette marche a pour objectif de « dévoiler et de dénoncer les pratiques et le souffrances dont sont victimes les séquestrés marocains dans les camps de la honte à Tindouf ». Pour ce qui est de la campagne de signatures, Mme Lemcherki a déclaré que cette campagne visait à collecter un million de cartes signées, en signe de solidarité avec les séquestrés de Tindouf, ajoutant que ces « cartes seraient remises par la suite au Secrétaire général des Nations Unies et que cette action a été conçue dans le but de sensibiliser l'opinion publique et la communauté internationale et dévoiler l'ensemble des violations des droits de l'Homme dans les camps de concentration de Tindouf ». La présidente du collectif « Watanouna », qui est également ambassadeur de bonne volonté de l'Unicef a déclaré que « des femmes, des enfants et des hommes séquestrés à Tindouf souffrent le martyre » et qu'elle « avait eu la chance de côtoyer ces gens et de voir jusqu'à quel point leur retour est une chose magnifique ».

Au cours de leur réunion hebdomadaire, tenue sous la présidence de leur Premier secrétaire, Mr Mohamed El Yazghi, les membres du Bureau politique de l'Union Socialistes des Forces Populaires (USFP) , ont tenu à saluer l'initiative du collectif « Watanouna » qui avait appelé à cette marche nationale déclarant que c'était une « marche de grande envergure dans la mesure où elle se perçoit comme un appel à la libération des citoyens marocains dont certains font figure des plus anciens prisonniers du monde ». Le Bureau politique de l'USFP, tout en soutenant cette marche a appelé à une participation massive de toutes les sphères de la société marocaine afin « d'exprimer notre position commune quant à la question de l'intégrité territoriale et de mettre un terme aux souffrances des séquestrés qui doivent regagner la mère-patrie ».

Pour sa part, le Comité exécutif du Parti de l'Istiqlal a loué cette initiative et a manifesté « son soutien et sa solidarité inconditionnels avec les prisonniers et séquestrés marocains des camps de Tindouf ». Dans une de ses réunions, le Comité exécutif a passé en revue les préparatifs pour la réussite de la marche du 6 Mars « exhortant tous les militants et militantes istiqlaliens ainsi que l'ensemble des citoyens à participer massivement à cette marche pour la libération des Marocains séquestrés à Tindouf ».

Mr Abdelilah Benkirane, un des dirigeants du Parti de la Justice et du Développement (PJD),a qualifié « la solidarité que témoigne son parti à l'égard de l'action du collectif « Watanouna » de geste normal ». Pour lui, « participer à la marche du 6 Mars relève du devoir national qui ne doit souffrir aucune arrière-pensée de quelque nature que ce soit ».Il est à signaler que le PJD a été le premier parti à avoir manifesté sa solidarité avec l'initiative du collectif « Watanouna ». Défendant la position de son parti, Mr Benkirane a déclaré qu'ils étaient « solidaires de toute action à même de participer à la défense des intérêts de notre pays, de ses acquis comme de ses revendications légitimes, que ce soit pour marquer notre attachement en tant que Marocains à notre Sahara ou pour appeler à cette véritable injustice qu'est la séquestration ». Dans un communiqué, le PJD « tout en se félicitant de cette initiative nationale, renouvelle son intention de participer à toutes actions militantes et diplomatiques à l'intérieur du pays ou devant les instances internationales pour servir la cause nationale » ajoutant que « fidèle à ce principe, le secrétariat général du parti appelle tous ses militants et ses sympathisants à participer massivement pour la réussite de cette marche nationale pour défendre nos frères séquestrés et exprimer la solidarité nationale qui caractérise le peuple marocain ».

Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) a salué cette initiative « nationale et citoyenne », appelant les Marocains résidant à l'étranger à la mobilisation pour organiser des marches et des sit in le même jour.

Le Parti du Centre Social (PCS) a, pour sa part, souligné que la « résolution de la question des séquestrés est prioritaire en raison de son caractère national et humanitaire ».

D'autres partis comme le Pôle Haraki (Mouvement Populaire, Mouvement National Populaire, l'Union Démocratique), ainsi de les syndicats ont soutenu l'initiative de cette manifestation et appelé les Marocains à y participer massivement.

Dans un communiqué, la communauté juive qui était représentée de façon significative, souligne qu' « à l'instar de tout le peuple marocain » elle a « manifesté activement son attachement à la cause nationale, son soutien à l'action en faveur de l'unité territoriale (...) en participant à toutes les mobilisations nationales et aussi par des actions spécifiques auprès de l'opinion internationale ». «C'est un grand jour de voir tout le peuple marocain uni pour demander la cessation de cette horreur et interpeller les instances internationales pour intervenir afin d'exiger la libération de nos concitoyens détenus dans les camps de Tindouf et pour que cesse cet outrage à la conscience humaine. Nous sommes là pour soutenir la cause nationale et exiger le retour des prisonniers marocains. La communauté juive a tenu à montrer sa solidarité pour la libération de nos concitoyens qui sont sous séquestration illégitime. Beaucoup de jeunes ont participé à cette marche pour prouver que l'avenir se construira et pour dire que le Maghreb uni se réalisera », a déclaré à la MAP, Mr Serge Berdugo, ancien ministre et Secrétaire général du Conseil des Communautés Israélites du Maroc.

Pour sa part, Mr Khalid Soufiani, coordonnateur du groupe d'action et de soutien à l'Irak et à la Palestine, « cette marche est un message clair du peuple marocain au monde entier afin qu'il agisse pour la libération de nos frères détenus à Tindouf, considérés comme les plus anciens détenus du monde ».
Mme Latifa Jbabdi, présidente de l'Union de l'Action Féminine a indiqué qu' « en participant à cette manifestation, nous réaffirmons la position constante de notre peuple vis-à-vis de son intégrité territoriale et la nécessité d'œuvrer pour une mobilisation nationale globale visant à libérer les Marocains détenus à Tindouf et à mettre fin à ce qu'ils endurent comme drames qui prennent l'allure de crimes contre l'humanité ».

Pour Mr Charif Eddine, président d'une association culturelle établie en Belgique « la participation à cette marche constitue un véritable moment historique » rappelant que son association a adressé plusieurs messages à l'ONU pour réclamer la libération des prisonniers marocains détenus à Tindouf, ajoutant « nous déployons d'énormes efforts en tant que colonie marocaine établie à l'étranger pour faire connaître la cause nationale et mettre toutes les associations et institutions politiques établies en Belgique au fait de l'unanimité de toutes les composantes de la société marocaine autour de cette cause ».

De son côté, le Bureau national de l'Association nationale et sociale des fils de martyrs et des disparus du Sahara marocain a réclamé dans un communiqué remis à la MAP la libération inconditionnelle et immédiate de tous les détenus et prisonniers marocains à Tindouf. Comme il appelle à ce que soient pris en considération les rapports du Comité International de la Croix Rouge relatifs à ce dossier.

Saâdani Maa Alaïne, ex-déportée à Cuba et membre du bureau du collectif « Watanouna », s'exprimant sur les ondes le TVM, avait invité tous les Marocains à participer massivement à cette marche nationale. « Nos concitoyens retenus de force dans les camps de la honte souffrent le martyre, ils sont persécutés. J'en sais quelque chose, ayant été moi-même arrachée à mes parents quand j'avais à peine sept ans . J'ai vu mon père se faire torturer en public. Il est temps que cesse l'horreur née et nourrie dans ces camps depuis un quart de siècle ».

Keltoum Khayat, ex-responsable des relations internationales des femmes au sein du Polisario raconte que les séquestrés marocains vivent au rythme des travaux forcés. « Nulle différence entre hommes, femmes et enfants, ils sont tous livrés à l'humiliation, à l'endoctrinement, à la souffrance physique et morale ; pas un moment de répit, pas de notion de famille tout est séparation et déchirement ».

SOUTIEN DE L'OPINION INTERNATIONALE

Une ONG américaine, le Conseil américain pour les prisonniers de guerre marocains (ACMP), tout en exprimant son soutien à la marche de Rabat, a lancé un appel aux autorités algériennes pour « dissoudre le Polisario et fermer les camps de la honte à Tindouf en vue de mettre un terme aux crimes de guerre hideux et aux violations flagrantes des droits humains qui sévissent dans ces camps et qui ont été dévoilés à la face du monde ». Comme elle a déploré « les pratiques illégales et honteuses que les mercenaires du Polisario à la solde d'Alger infligent » aux séquestrés des camps de Tindouf. Le communiqué rappelle, par ailleurs que l'AMCP a adressé une lettre à la section des intérêts cubains à Washington pour dénoncer la déportation de milliers d'enfants marocains des camps de réfugiés de Tindouf vers Cuba pour contraindre leurs parents, des civils sans défense, à rester dans les camps de Tindouf ». De même que le Conseil a demandé au Président Fidel Castro de « mettre fin à cette pratique et d'œuvrer pour permettre le retour de ces enfants à leurs parents et à leurs familles ».

Le Conseil Communal de Pontrémoli (Massa Carra/Nord de l'Italie) a souligné que la « libération jusqu'à présent seulement de quelques détenus marocains va à l'encontre du droit humanitaire international » rappelant que les « dispositions de la Convention III de Genève stipulent que la libération des prisonniers doit être totale et immédiate à partir de la date d'entrée en vigueur du cessez-le-feu ».Le message ajoute : « nous unissons notre voix à la vôtre, animés en cela par la volonté de contribuer à la recherche d'une solution pacifique au conflit ».

D'un autre côté, les eurodéputés italiens toutes tendances confondues, ont lancé un appel exigeant « la libération immédiate et sans conditions des prisonniers de guerre marocains encore détenus par le Polisario, en territoire algérien qui, en plus des tortures les plus cruelles qu'ils subissent sont assignés aux travaux forcés ». Après avoir réclamé la levée du blocus imposé aux camps de Tindouf et souligné la nécessité d'y « garantir la liberté de circulation », les eurodéputés italiens demandent aux autorités algériennes de « garantir aux organisations onusiennes et aux ONG internationales, notamment le HCR et le CICR, le libre accès aux camps ». Ils exigent également « l'ouverture d'une enquête internationale dans les camps de Tindouf pour savoir ce qui s'y passe » et dénoncent « le détournement par les dirigeants du Polisario de l'aide humanitaire internationale destinée aux populations civiles des camps de Tindouf ». Comme ils exhortent « le Maroc et l'Algérie à ouvrir des négociations directes dans le but de trouver une solution politique à ce conflit et à assurer la sécurité et la stabilité sur la rive sud de la Méditerranée ».

MANIFESTATIONS A L'ETRANGER

Les Marocains résidant à l'étranger se sont joints à l'action et ont appelé à la libération immédiate et sans conditions des détenus marocains à Tindouf dans plusieurs manifestations dans différentes villes d'Europe ou des Etats-Unis. Ils ont exhorté les organisations internationales des droits de l'Homme à œuvrer pour mettre un terme à l'asservissement de milliers de femmes, d'enfants et d'hommes séquestrés dans les camps de Tindouf. Et c'est ainsi qu'un sit-in a eu lieu à la Bastille à Paris. Lors de cette manifestation à laquelle ont participé plusieurs milliers de Marocains ainsi que des Français et de toutes les nationalités, les ressortissants marocains brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire notamment : « Tous pour la libération des séquestrés de Tindouf » et faisaient signer des pétitions destinées aux associations des droits de l'Homme en vue de mettre fin au drame vécu par les prisonniers des camps de la honte. D'autres manifestations similaires ont eu lieu dans plusieurs villes à travers le Monde. Un sit-in a été tenu le 6 mars dernier à Montréal devant l'ambassade d'Algérie. A New York, une association « House of Morocco » s'est proposée de recueillir les signatures de soutien ainsi que des associations installées en Italie, à Londres en Grande Bretagne, à Gutenberg en Suède...

Dans une déclaration à la MAP, Mme Fatima Belarbi, présidente de l'Association des femmes marocaines à l'étranger (AFME), a souligné que cette initiative s'inscrit dans la cadre de la marche nationale initiée par le collectif « Watanouna » dans l'ensemble du Royaume. Elle a également lancé un appel aux instances internationales afin qu'elles se penchent sur le sort de milliers d'enfants et de femmes déportés dans des pays lointains. Mme Belarbi a fait savoir que l'AFME, invitée à prendre part les 12 et 13 mars à Paris à une manifestation organisée dans le cadre de la Journée Mondiale de la Femme, saisira cette rencontre pour à la fois sensibiliser davantage l'opinion internationale aux conditions inhumaines et contraires aux déclarations et conventions des droits de l'Homme que vivent les séquestrés et détenus marocains à Tindouf et poursuivre la campagne de signature des pétitions.

HISTORIQUE DES LIBERATIONS

Les libérations effectuées au compte-gouttes par les séparatistes du Polisario, aidés en cela par leur parrain, ont été entamées depuis une vingtaine d'années. Les premiers rescapés de ces camps de la mort ont regagné la mère-patrie en 1984. Cette première opération a permis à 10 détenus de recouvrer leur liberté. Une seconde opération, le 27 mai 1987 avait permis au premier lot important de prisonniers de revenir vers les leurs et c'est ainsi que 150 détenus ont quitté les camps de Tindouf. Puis ce fut une longue traversée du désert et ce n'est que le 5 novembre 1999 que les libérations reprirent lorsque les séparatistes et leurs acolytes décidèrent de relaxer 5 prisonniers marocains.

Le 26 février 2000, 186 détenus allaient être relâchés après une détention arbitraire qui aura duré pour certains près de 25 ans. 201 séquestrés seront libérés deux ans après, le 14 décembre 2001. Quelques jours après, le 2 janvier 2002, 115 prisonniers, dont pour la première fois des officiers , au nombre de 4, retrouveront leur pays.

Une médiation menée conjointement par l'Allemagne et l'Italie, le 18 juin 2002, permettra la libération de 101 détenus. Le 18 février 2003, l'Espagne arrivera à obtenir la libération de 100 prisonniers. Le 13 août de la même année, une autre médiation permettra l'élargissement de 243 Marocains, dont plusieurs officiers de l'armée de l'air et de l'armée de terre.

Le 6 novembre 2003, jour anniversaire du lancement de la Marche Verte, l'on assistera à la plus grande opération puisque 300 prisonniers seront libérés grâce à une médiation de la Libye.

Le Qatar quant à lui, réussira à obtenir la libération de 100 détenus, le 23 février 2004 de même que l'Irlande qui obtiendra la libération de 100 autres séquestrés, le 21 juin 2004. L'année 2004 connaîtra également l'évasion de 2 prisonniers. Puis ce fut la remise en liberté de 2 autres , gravement malades. L'un d'eux décédera dès son retour à la mère-patrie. Par ailleurs, 45 Marocains ont péri dans les camps de concentration du Polisario, en terre d'Algérie.

Le Maroc avait remercié le CICR et avait appelé la communauté internationale à exercer davantage de pressions sur les parties responsables de cette situation comme il avait fermement condamné le maintien en captivité de 408 prisonniers, en violation flagrante du droit international.

Le CICR, qui rend visite aux Marocains détenus à Tindouf par les séparatistes du Polisario deux fois par an, s'est pour sa part dit « préoccupé par la dégradation de l'état de santé des 408 Marocains en captivité » et a appelé à leur libération.

MOBILISATION DES ARTISTES MAROCAINS

Des artistes marocains ont appelé à la libération de tous les Marocains séquestrés à Tindouf, réaffirmant leur adhésion totale à la campagne de mobilisation nationale pour transmettre la position du Maroc à toutes les instances et organisations internationales.

L'artiste Naïma Lemcherki, présidente du collectif « Watanouna » a déclaré à la MAP qu'elle se réjouissait de la participation massive de toutes les composantes de la société marocaine à cette initiative citoyenne. « Les Marocains, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, venant de toutes les régions du Maroc, dont des artistes , ont répondu oui à cette initiative que retiendront les annales de l'Histoire du Royaume . C'est une initiative qui traduit la solidarité des Marocains, toutes tendances confondues et la cohésion de la société marocaine en tant qu'entité fortement attachée à ses valeurs » a-t-elle dit.

Pour sa part, l'artiste Abdelkader Moutaâ a salué en cette marche « la réponse à l'appel du devoir et de la mobilisation » , se félicitant de la solidarité des Marocains et de leur adhésion pour défendre la cause nationale.

Quant au chanteur Abdelhadi Belkhayat, il a affirmé que le peuple marocain est sorti dans les rues pour réclamer d'une seule voix la libération de nos concitoyens, condamnant les conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent. Il a insisté sur le rôle de l'artiste marocain dans la campagne de sensibilisation sur les souffrances qu'endurent ces détenus dans les geôles du Polisario .

L'humoriste Saïd Naciri, a déclaré qu'à travers cette marche populaire, « nous adressons un message fort aux Nations Unies pour les amener à agir sans délai et obtenir la libération de nos concitoyens séquestrés dans les camps de la honte », assurant que le peuple marocain ne peut rester indifférent tant que durera cette injustice.

APPEL DU COLLECTIF

Voici l'appel lancé par le collectif « Watanouna » :

« A l'occasion du 8 mars, Journée Internationale de la Femme, nous, Collectif Watanouna, interpellons les instances internationales, les associations des droits de l'Homme et toutes les femmes du monde, en particulier nos sœurs maghrébines, pour agir contre l'asservissement de milliers de femmes, d'enfants et d'hommes séquestrés depuis plus d'un quart de siècle dans des conditions contraires aux conventions et déclarations universelles : des enfants sont séparés de leurs mères et déportés dans des pays lointains. Au nom de la morale et du droit de tous à la dignité, nous appelons au regroupement des familles, leur libération et leur retour au Maroc, pour favoriser le climat de détente indispensable à la paix et à la coopération entre les pays du Maghreb ».


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