Droits de l'Homme

Bref aperçu du mode opératoire du Polisario

A ses débuts, le Front Polisario avait réalisé certaines avancées sur le plan africain[1], notamment grâce au soutien de certaines puissances, dont l'Algérie. Cette dernière avait en effet mobilisé tout son arsenal diplomatique ainsi que certaines ressources pour garantir la reconnaissance de ce mouvement séparatiste par certains pays.

Sur un autre plan, dans le cadre de ses manœuvres mystificatrices, le Polisario instrumentalise la  situation critique dans laquelle vivent les séquestrés des camps de Tindouf, pour abuser la communauté internationale et accéder, par là, aux aides humanitaires ; lesquelles constituent une source de richesse pour certains leaders du mouvement.

Toutefois, et après la présentation de l'Initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'autonomie de la Région du Sahara, qui a été favorablement accueillie par la communauté internationale, l'aptitude du Polisario à manoeuvrer politiquement et diplomatiquement afin de véhiculer sa thèse séparatiste s'est vue diminuée.

De ce fait, le Front a orienté sa stratégie dolosive vers d'autres champs d'action, notamment en axant sa propagande sur la situation intérieure du Maroc ; et ce, en ciblant deux sujets principaux de sa propagande, à savoir les droits de l'Homme, et la question de certains étudiants qu'il téléguide de l'extérieur.

Concernant la situation à l'intérieur des camps de Tindouf, le Polisario instrumentalise la question des séquestrés, qu'il maintient dans des conditions d'extrême précarité, afin de les présenter comme une population opprimée et accéder ainsi aux aides humanitaires et autres formes de soutien dont la destination finale reste généralement douteuse.

I.       Le pari du Polisario sur la question des droits de l'Homme au Maroc

Le Polisario profite des affrontements entre les forces de l'ordre marocaines et les quelques éléments perturbateurs téléguidés par le mouvement séparatiste, afin de présenter le Maroc comme un pays transgresseur  des droits de l'Homme. Pour ce faire, le Polisario compte dans sa stratégie mystificatrice sur la représentation de quelques sahraouis sympathisants de sa cause séparatiste comme Aminatou Haidar et Ali Salem Tamek en tant que «figures emblématiques » de la défense des droits de l'Homme. Mais en réalité, ceux-ci s'activent selon une tactique précise et sont appuyés financièrement et logistiquement par le Polisario ; d'où les visites multiples qu'ils effectuent dans certains pays.

Par ailleurs, le Front cherche à créer des associations dont l'objectif affiché est le militantisme dans le domaine des droits et libertés ; et ce, en vue d'atteindre deux objectifs :

  • Le premierobjectif est de fournir un cadre légal aux manœuvres du Polisario. De ce fait, toute intervention de la part de l'autorité marocaine pour empêcher leurs activités séparatistes fera passer le Maroc pour un pays où le respect des droits et des libertés n'a pas cours. Dans cette optique, et lors d'un entretien avec l'hebdomadaire marocain «Al-Ayam» (N° 299, 13 septembre 2007), Ali Salem Ould Tamek, président du comité préparatoire du «Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'Homme» (CODESA), a affirmé que «l'objectif visé par l'institution de telles associations est d'observation de tout ce qui se déroule au Sahara », sous-entendant qu'il n'y aurait aucun lien avec le Polisario. Toutefois, lorsque fut interdite la tenue de l'assemblée constitutive du CODESA, en raison du non respect des procédures et démarches légales, Mohammed Sidati, membre du «secrétariat national» du Front Polisario et «ministre délégué pour l'Europe», a sollicité l'intervention de l'Union Européenne pour autoriser la tenue de cette Assemblée. Ainsi, le lien entre lesdites associations et le mouvement séparatiste est plus que manifeste.
  • Le deuxièmeobjectif consiste à constituer des lobbies dans le but d'attirer et de mobiliser les habitants des provinces du sud du Royaume; ce qui leur permettrait d'entretenir des relations avec les organisations internationales militantes dans le domaine des droits de l'Homme; l'objectif étant de les impliquer dans la question du Sahara.

Dans le même contexte, dans son rapport sur la situation au  Sahara (S/2007/619), présenté au Conseil de Sécurité en date du 19 octobre 2007, le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré que le chef du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, lui a adressé une série de lettres (10 plus précisément) pour protester contre les arrestations et la «répression» dont les sahraouis seraient victimes, notamment les étudiants qui fréquentent des universités marocaines. Cette manœuvre a pour but de nuire à l'image du Maroc et de voiler les réalisations qu'il a accomplies en matière de consécration de la démocratie et des droits de l'Homme. Or, étant signataire de la majorité des instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme, le Maroc s'est engagé depuis le début des années 90 sur la voie de l'instauration des règles de la démocratie et de l'Etat de droit.

Rappelons dans ce cadre la création, entre autres, de l'Instance Equité et Réconciliation (IER), qui est considérée comme une expérience unique en son genre. Cette instance, en 23 mois de suivi et de débats publics auxquels ont participé les différentes composantes de la société marocaine, a étudié les cas de violations des droits de l'Homme depuis 1956 jusqu'en 1999. Au terme de ce considérable travail d'investigation et d'analyse, toutes les victimes dont les doléances ont été avérées, ont bénéficié d'une réparation morale et matérielle des préjudices qui leur ont été  portés. Ainsi, l'IER a rétabli le primat de la justice, notamment en mettant les institutions publiques devant leur responsabilité.

Par ailleurs, le Maroc a réalisé des avancées substantielles en matière de garantie des droits et des libertés, choses qui font toujours défaut dans les camps de Tindouf où les dirigeants du Polisario usent de tous les moyens de répression pour étouffer toute revendication qui irait à l'encontre des orientations du groupe séparatiste. D'ailleurs, comme preuve de la généralisation de la culture démocratique au Maroc, il est à remarquer que les citoyens, et quelle que soit la région dont il relèvent, sont libres d'organiser des manifestations à caractère social et de faire entendre leur voix auprès des autorités. Cela procède de la promotion des libertés publiques en tant qu'élément fondamental de l'irréversible processus de démocratisation engagé par le Royaume. Or, pour le Polisario, toute manifestation de ce genre organisée par les citoyens marocains des provinces du sud est fallacieusement présentée comme étant une démonstration indépendantiste. Et quand bien même il y aurait des « poches » ou des « îlots » indépendantistes, cela ne peut être toléré par aucun Etat ; c'est en effet ce qui a été rappelé par certains événements survenus récemment dans des pays voisins.

En outre, il aurait été intéressant de connaître la réaction de la Direction du Polisario au cas où auraient été autorisées dans les camps de Tindouf des manifestations contre les conditions d'extrême précarité dans lesquelles vivent les séquestrés. L'enjeu de telles manifestations gît dans le fait qu'elles engagent le pronostic vital de l'organisation séparatiste. Car il est absolument sûr et certain que les camps ont question connaîtront une hémorragie fatale : ils seront désertés et les séquestrés rejoindront spontanément leur mère patrie, le Maroc. Le Polisario voudra-t-il ou pourra-t-il relever le défi ? Et c'est dans ce cas que l'on pourra parler de véritable Intifada ! En effet, et il faut soigneusement le souligner, l' « Intifada », telle que définie par les dirigeants du Polisario, comme étant une guerre asymétrique du « faible » contre le fort, n'a aucun sens dans le contexte du dossier saharien. Dans les territoires occupés par Israël, c'est la coexistence de palestiniens et d'israéliens qui a permis cette forme de lutte. Or, dans le cas des provinces du sud, il ne peut y avoir d'Intifada puisqu'il s'agit de citoyens marocains jouissant, en vertu de la Loi fondamentale du Royaume, de toutes les libertés publiques et droits de l'Homme tels qu'ils sont universellement reconnus. Donc, si Intifada il y a, elle sera le fait des séquestrés, qui, s'ils jouissaient de leurs droits fondamentaux, s'insurgeront contre la nomenklatura polisarienne. Etant confinés dans le sud-ouest algérien, cette Intifada ne peut se faire contre le Polisario sans l'aval d'Alger, qui continue d'offrir un sanctuaire au mouvement séparatiste.

Comme preuve supplémentaire de l'échec de la stratégie manipulatoire du Polisario, il suffit de rappeler que les citoyens des provinces du sud, qu'il présente fallacieusement comme étant des sympathisants de sa thèse, sont ceux-là mêmes qui n'ont prêté aucune attention aux gesticulations du chef de cette organisation séparatiste tendant à compromettre le bon déroulement des élections législatives du 07 septembre 2007.

En effet, Mohamed Abdelaziz, avait adressé, le 19 août 2007, une lettre au Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon, dans laquelle il conteste l'organisation, par le Maroc, d'élections législatives dans ses provinces du sud.

Or, prenant à contre-pied la manœuvre du Polisario, les taux de participation enregistrés dans les provinces du sud du Royaume ont constitué un revers pour Mohamed Abdelaziz et son organisation. En effet, alors que le taux de participation aux élections a été généralement modeste sur le plan national (40%), les provinces sahariennes ont enregistré des taux élevés : 58% pour Guelmim-Es-Smara, 51% pour Laayoune-Boujdour Sakia El Hamra et 62% pour Oued Eddahab-Lagouira.

Ces résultats positifs renseignent sur la volonté des habitants du sud d'avoir des représentants nationaux à même de défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics. Par ailleurs, cela représente une forme d'exercice du droit à l'autodétermination, principe tant scandé par le Polisario qui l'assimile à l'indépendance inéluctable.

II.    Le Polisario et l'instrumentalisation du dossier estudiantin 

Dans le cadre de ses manœuvres manipulatrices visant à véhiculer sa thèse séparatiste, le Front Polisario tente de créer, à l'intérieur du Maroc, un réseau d'étudiants originaires des provinces du sud du Royaume, et dont l'objectif est d'endoctriner et de mobiliser tous les étudiants sahraouis, les poussant à provoquer les autorités marocaines à travers des actes de vandalisme déguisés sous forme de manifestations et qui plus est, sont organisées sans respect des démarches nécessaires. Ainsi, le Polisario vise, au moyen de cette tactique douteuse,  à concrétiser trois objectifs :

  • Troubler l'ordre public dans les villes marocaines, et profiter de la réaction des autorités, alors que celles-ci ont pour devoir la garantie de la sécurité.
  • Médiatiser les échauffourées qui ont lieu entre les forces de l'ordre marocaines et les fauteurs de troubles pour faire croire à la communauté internationale qu'il s'agit de revendications indépendantistes.
  • Faire passer les prévenus, coupables d'atteinte à l'ordre public, pour des détenus politiques. Pour ce faire, le Polisario adresse des lettres au Secrétaire général des Nations Unies et à d'autres organisations les incitant à faire pression sur le Maroc afin qu'il libère les prévenus. Ces derniers constituent donc pour le Front une force symbolique; car tout prévenu, et quel que soit le motif de son arrestation, est présenté par les séparatistes comme un sympathisant de leur «cause».

Dans le cadre de cette propagande, et pour généraliser la diffusion de ses allégations mensongères, le Polisario recourt à une batterie de supports média, dont les sites électroniques. Ces derniers sont étoffés de faux témoignages et de déclarations mensongères présentant les prévenus, qui sont souvent arrêtés pour des délits mineurs, définis par la loi marocaine, comme des martyrs de la lutte contre un imaginaire « occupant marocain ».

III. Le Polisario et la manipulation des instances humanitaires internationales

Loin de se contenter de nuire à l'image du Maroc en le présentant comme un Etat totalitaire, le Polisario tente également de lui imputer la responsabilité de la situation désastreuse des populations séquestrées dans les camps de Tindouf.

Ainsi, en présentant les populations qu'il opprime et prive de leurs droits les plus élémentaires, dont celui à l'alimentation, le Polisario tend à s'attirer la sympathie des organisations humanitaires internationales qui ne peuvent rester inertes devant la détresse de ces femmes, enfants et personnes âgées. Cependant, bien qu'étant les destinataires et l'objet des opérations de soutien en produits de base, ces populations en sont tout simplement privées ; car, aussitôt reçues, ces denrées sont détournées par les dirigeants du Polisario et écoulées sur des marchés mauritaniens, algériens et maliens. Les revenus de ce trafic d'aides humanitaires sont en majorité destinés aux dirigeants du Polisario et à leurs complices, le reste étant alloué à l'acquisition d'armement. De ce fait, les populations séquestrées vivent dans des conditions d'extrême précarité et présentent souvent des symptômes de malnutrition, d'autant plus que les risques de propagation d'épidémies et de maladies infectieuses sont élevés, notamment en raison du détournement des médicaments et autres équipements médicaux. Il convient ici de noter qu'en prévision du référendum qui devait se tenir en 1992, plusieurs organisations humanitaires avaient cessé d'envoyer les aides alimentaires et de première nécessité aux séquestrés de Tindouf, ces derniers n'étant plus considérés comme des « réfugiés ». D'où le manque à gagner pour le Polisario. Il en résulte que l'inapplicabilité désormais avérée du référendum est le fait volontaire du Polisario. Ce sont donc des enjeux financiers et criminels qui sont à l'origine du blocage de la situation par le Polisario.

Toutefois, les manœuvres tendant à désigner le Maroc comme responsable de la situation désastreuse des séquestrés, ont été dévoilées par les organisations humanitaires qui ont dénoncé, à maintes reprises, le détournement des aides par les dirigeants du Polisario. En effet, de nombreux rapports émanant d'ONG humanitaires et d'organismes donateurs ont attiré l'attention du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) sur la question du détournement des aides par les dirigeants du Polisario. C'est ainsi que ces deux organisations humanitaires ont décidé, en 2005, d'effectuer une mission d'inspection dans les camps de Tindouf pour constater les faits. Ayant relevé un certain nombre de dysfonctionnements, le HCR a établi un rapport dans lequel il recommande de procéder notamment à une estimation exacte du nombre de séquestrés, celui avancé par les autorités algériennes étant jugé surévalué par rapport à la réalité. C'est sur cette base que le nombre de bénéficiaires de l'aide humanitaire a été fixé à 90.000 au lieu de 165.000.

Sur un autre plan, mais toujours dans le cadre des artifices manipulatoires du Polisario, les enfants ne sont pas non plus épargnés, dans la mesure où ils sont « utilisés comme une arme politique, comme un outil de propagande »[2]. Dans le même contexte, Juan Vives -ex-agent secret cubain- a déclaré dans le cadre de l'émission « Grand Angle », diffusée par la chaîne de télévision marocaine, 2M, le 24 novembre 2005 : « Certains restaient dix, douze, quinze ans pratiquement. C'est un kidnapping international d'enfants. Maintenant certains témoignent des réalités vécues à Cuba ».

Conclusion

A la lumière de ce qui précède, il est à remarquer que le Polisario focalise toutes ses manœuvres mystificatrices pour atteindre un seul objectif, nuire à l'image du Maroc. Le sort des populations séquestrées dans les camps de Tindouf reste, quant à lui, relégué au second plan dans le cadre de la stratégie poursuivie par ce groupe séparatiste. Cette situation affecte non seulement les populations séquestrées, mais également les citoyens marocains des provinces du sud, sachant que chaque famille déplore au moins un de ses membres déporté et séquestré dans les camps de Tindouf.

Les instigateurs de ces drames humanitaires ne sont autres que les dirigeants du Polisario, soutenus et appuyés par l'Algérie. Ces derniers considèrent les populations séquestrées sur leur territoire comme un moyen de pression visant à affaiblir le Maroc et, in fine, à s'affirmer en tant que première puissance au niveau maghrébin.


 


1. Seule l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) a reconnu, en 1982, dans des conditions mystérieuses, la prétendue « république arabe sahraouie démocratique » (RASD). Actuellement, la « RASD », exception faite de l'OUA, n'est reconnue par aucune organisation internationale ou régionale, ni aucun pays européen. Concernant les pays arabes, seule l'Algérie soutien concrètement de cette entité.

2. Ileana ROS-LHTINEN, membre du congrès américain. Intervention dans l'émission « Grand Angle », diffusée par la chaîne marocaine, 2M, le 24 novembre 2005.

Nabil Lamrani

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